Plages et randonnées : où les chiens sont admis

Un chien en vacances, c’est un chien qui court sur une plage ou qui suit un sentier de montagne. Ces deux images se heurtent vite à la réalité : beaucoup de plages lui sont fermées l’été, plusieurs parcs nationaux lui sont interdits, et la nature réserve des dangers qu’on ne connaît pas en ville. Voici les règles et les précautions pour ne pas gâcher les vacances.
Les plages : tout dépend de la commune
Il n’existe pas de règle nationale sur l’accès des chiens aux plages. Chaque commune décide par arrêté municipal, et la situation varie d’une plage à l’autre dans la même ville.
Le schéma le plus courant : les chiens sont interdits sur les plages surveillées pendant la saison estivale, souvent de juin à mi-septembre, et tolérés le reste de l’année, parfois uniquement en laisse ou à certaines heures. Beaucoup de communes réservent en revanche une ou plusieurs plages aux chiens, parfois toute l’année. L’interdiction se justifie par l’hygiène, les déjections dans le sable et les conflits avec les baigneurs.
Avant de partir, consultez le site de la mairie ou de l’office de tourisme de votre destination, qui publie en général la liste des plages autorisées. Sur place, lisez les panneaux à l’entrée de la plage : l’amende peut atteindre quelques dizaines d’euros.
Les précautions au bord de l’eau
La mer demande quelques réflexes. Un chien qui boit de l’eau de mer en jouant peut vomir ou avoir la diarrhée : emportez de l’eau douce et une gamelle, et proposez-lui à boire régulièrement. Rincez-le à l’eau claire après la baignade, pour éviter que le sel et le sable n’irritent sa peau. Le sable brûlant blesse les coussinets en plein après-midi, et le soleil tape fort : cherchez l’ombre et évitez les heures les plus chaudes. Le coup de chaleur est l’une des urgences décrites dans l’article sur les signes qui imposent le vétérinaire.
En eau douce, un danger est moins connu : les cyanobactéries, ou algues bleues, qui prolifèrent l’été dans certains lacs, étangs et rivières chauds et peu profonds. Certaines produisent des toxines mortelles pour un chien qui se baigne ou boit l’eau, parfois en moins d’une heure. Des chiens en meurent chaque été en France. Respectez les interdictions de baignade affichées par les préfectures, et méfiez-vous d’une eau trouble, verdâtre, avec des dépôts en surface.
La montagne : les parcs nationaux
C’est la règle la plus souvent ignorée des randonneurs. Dans le cœur de la plupart des parcs nationaux de montagne, les chiens sont interdits, même tenus en laisse ou portés. C’est le cas dans les parcs de la Vanoise, des Écrins, du Mercantour et des Pyrénées. Le parc national des Cévennes fait exception : les chiens y sont admis, tenus en laisse, en cœur de parc.
L’interdiction s’explique par la faune sauvage. Pour un chamois, un bouquetin ou une marmotte, un chien est un prédateur, et sa seule présence les dérange. Il peut aussi transmettre des maladies aux animaux sauvages et domestiques. Seuls les chiens de troupeau, les chiens d’assistance et les chiens de secours en mission y sont admis. Les gardes verbalisent.
Les zones périphériques de ces parcs, en dehors du cœur, restent accessibles. Consultez la carte du parc avant de choisir votre itinéraire. Beaucoup de réserves naturelles appliquent aussi des interdictions ou imposent la laisse.
En forêt et en campagne
Au printemps, une règle nationale s’applique : du 15 avril au 30 juin, il est interdit de promener un chien non tenu en laisse en dehors des allées forestières, pour protéger les jeunes animaux sauvages. Le reste de l’année, un chien peut courir librement, tant qu’il reste sous votre contrôle et à portée de voix. Au-delà, il est considéré en divagation, un point expliqué dans l’article sur l’apprentissage du rappel.
En montagne, vous croiserez des troupeaux gardés par des chiens de protection, souvent des patous. Leur travail est de repousser tout ce qui s’approche du troupeau, y compris un chien de randonneur. Mettez votre chien en laisse, contournez largement le troupeau, ne cherchez pas à caresser le patou, et s’il s’approche, restez calme et arrêtez-vous le temps qu’il vous identifie. Ne vous mettez pas à courir.
Les dangers de la nature
Les tiques sont nombreuses dans les herbes hautes et les sous-bois. Inspectez le chien après chaque sortie et gardez-le protégé par un antiparasitaire, selon le calendrier de l’article sur les puces, tiques et vers.
Les épillets, ces petits épis secs des graminées en fin de printemps et en été, s’accrochent au poil et migrent dans les oreilles, entre les doigts, dans le nez. Un chien qui secoue la tête sans arrêt ou éternue brusquement après une promenade doit être examiné.
Les chenilles processionnaires, au printemps sous les pins et les chênes, provoquent des brûlures graves de la langue si le chien les touche avec la gueule. Et en montagne, les vipères sont présentes sur les pierriers ensoleillés.
Où dormir avec un chien
L’hébergement se choisit avant l’itinéraire. Beaucoup de campings acceptent les chiens, souvent contre un supplément de quelques euros par nuit, et exigent en général un carnet de vaccination à jour avec la rage. La plupart refusent les chiens de première catégorie, et certains ceux de deuxième catégorie.
Les hôtels et les locations de vacances sont très partagés. Certains accueillent volontiers les chiens, d’autres les refusent, d’autres encore les limitent aux petits gabarits. Les sites de réservation permettent de filtrer les annonces qui acceptent les animaux : utilisez ce filtre, puis confirmez par écrit avec l’hébergeur, car l’information en ligne n’est pas toujours à jour.
En refuge de montagne, les chiens sont rarement admis dans les dortoirs. Certains gardiens les tolèrent dehors ou dans un local, beaucoup les refusent, et dans le cœur d’un parc national la question ne se pose pas. Appelez avant de monter.
Sur place, gardez les habitudes du chien : son couchage, sa gamelle, ses horaires de repas. Et ne le laissez pas seul dans une location qu’il ne connaît pas, où il risque d’aboyer toute la journée ou de s’en prendre à la porte.
Préparer le chien à la randonnée
Un chien de compagnie n’est pas prêt à faire vingt kilomètres et mille mètres de dénivelé d’un coup. Entraînez-le progressivement, comme vous le feriez vous-même. Les chiots en croissance, les chiens âgés et les races au nez écrasé ne sont pas faits pour les longues marches.
Emportez de l’eau pour lui, une gamelle pliable, de quoi le nourrir en route, une trousse de premiers secours avec un tire-tique et une pince à épillets. Vérifiez ses coussinets le soir : les pierriers et la neige les abîment. Faites des pauses à l’ombre.
Et avant de réserver le gîte, vérifiez qu’il accepte les chiens. L’article voyager avec son chien donne les règles pour le trajet jusqu’à votre point de départ.


