Apprendre le rappel à son chien

Un chien qui revient quand on l’appelle peut courir librement, jouer avec d’autres chiens, accompagner une randonnée. Un chien qui ne revient pas reste en laisse, ou finit un jour sous une voiture ou derrière un chevreuil. Le rappel est l’ordre qui a le plus d’effet sur la qualité de vie d’un chien, et c’est aussi celui qu’on rate le plus souvent, parce qu’on le demande avant de l’avoir construit.
Revenir doit être la meilleure affaire du monde
Du point de vue du chien, un rappel est une négociation. Il est en train de renifler une odeur passionnante, de jouer avec un copain, de courir après un oiseau. Vous lui demandez d’abandonner tout cela. Il reviendra si revenir lui rapporte plus que ce qu’il laisse.
La récompense doit donc être forte, bien plus forte qu’une croquette : morceaux de poulet, de fromage, de saucisse, ou un jeu de balle pour un chien qui ne vit que pour elle. Cette récompense-là, réservez-la au rappel.
Le mot compte aussi. Choisissez un mot court et distinct, que vous n’utilisez pas dans la conversation : « ici », « au pied », ou un coup de sifflet. Évitez le prénom seul, que le chien entend cinquante fois par jour sans que rien ne se passe. Si vous avez déjà usé un mot à force de le répéter sans résultat, changez-en et repartez de zéro.
Les étapes, de la maison à la nature
Le rappel se construit comme un réflexe, en commençant là où le chien ne peut que réussir.
Dans la maison. Quand le chien est à deux ou trois mètres et qu’il ne fait rien de particulier, dites le mot une seule fois, d’une voix joyeuse, reculez de quelques pas, et récompensez dès qu’il arrive. Répétez cinq ou six fois par séance, plusieurs fois par jour, pendant une semaine.
Le jeu à deux. Deux personnes, dans le jardin ou un couloir, s’appellent le chien tour à tour et le récompensent. Les chiots adorent ce jeu, qui ancre le mot très vite.
Dehors, avec une longe. Une longe est une laisse de dix mètres environ, attachée au harnais (pas au collier, pour éviter de blesser le cou en cas de départ brusque). Elle laisse au chien une vraie liberté de mouvement, tout en vous donnant le dernier mot : s’il ne revient pas, vous l’empêchez de partir et vous vous éloignez en l’encourageant. Le chien n’apprend jamais qu’ignorer le rappel est possible.
Les distractions, une à une. Quand le rappel fonctionne à tous les coups dans un lieu calme, ajoutez des difficultés, une à la fois : un autre chien au loin, une personne qui passe, une odeur forte. Si le chien échoue, vous êtes allé trop vite. Revenez à l’étape précédente.
Sans longe. Dans un endroit sûr, loin des routes, laissez traîner la longe au sol, puis raccourcissez-la, puis supprimez-la. Continuez à récompenser, au moins de temps en temps, toute sa vie.
Les erreurs qui détruisent un rappel
Appeler pour une chose désagréable. Si le rappel signifie la fin de la promenade, la mise en laisse, le bain ou les gouttes dans les oreilles, le chien apprend à ne plus revenir. Pour ces moments-là, allez le chercher. En promenade, rappelez-le plusieurs fois, récompensez, puis relâchez-le : la mise en laisse ne doit arriver qu’une fois sur cinq ou six rappels.
Gronder le chien qui revient. Il a mis dix minutes, vous êtes furieux. Mais s’il se fait gronder en arrivant, il retient qu’arriver vaut une punition. Accueillez-le chaleureusement, même au bout de dix minutes, surtout au bout de dix minutes.
Répéter l’ordre. « Ici ! Ici ! Ici ! Ici ! » apprend au chien que le mot n’a pas besoin d’être suivi d’effet avant la cinquième fois. Dites-le une fois. S’il ne vient pas, allez vers lui ou utilisez la longe, et revoyez les étapes.
Courir après lui. Pour un chien, c’est un jeu. Éloignez-vous plutôt en courant dans l’autre sens, en l’encourageant : la plupart des chiens suivent.
L’adolescence et les chiens de chasse
Beaucoup de maîtres ont un chiot qui revient parfaitement à quatre mois, puis un chien qui les ignore à huit mois. C’est l’adolescence : le chien s’éloigne, explore, teste. Repassez à la longe et reprenez les étapes, sans vous décourager. Le rappel acquis dans l’enfance revient.
Les chiens de chasse, les lévriers, les huskies et les terriers ont un instinct de poursuite puissant. Pour eux, un rappel fiable face à un lièvre demande un travail long, et parfois n’est jamais atteint. Il n’y a pas de honte à garder un chien en longe dans une zone où il y a du gibier.
Le rappel d’urgence
Certains éducateurs recommandent d’apprendre au chien un second signal, réservé aux situations graves : un chien qui court vers une route, qui poursuit un chevreuil, qui s’approche d’un troupeau gardé. Ce rappel d’urgence utilise un mot ou un coup de sifflet différent du rappel ordinaire, et il n’est jamais employé à la légère.
Son principe est de l’associer à une récompense exceptionnelle, que le chien ne reçoit jamais autrement : une poignée de morceaux de viande, un jouet adoré, une longue séance de jeu. On l’entraîne quelques fois par semaine seulement, dans des situations faciles, pour que le signal garde toute sa valeur. Au bout de quelques mois, il déclenche un retour presque réflexe.
Le jour où vous en avez besoin, utilisez-le une fois, puis récompensez comme prévu, même si la situation vous a fait peur. Un rappel d’urgence qui se termine par une réprimande perd immédiatement son efficacité.
Ce que dit la loi
Un chien n’a pas besoin d’être tenu en laisse partout. Mais le Code rural le considère en état de divagation lorsqu’il n’est plus sous la surveillance effective de son maître, hors de portée de voix ou d’un instrument sonore de rappel, ou à plus de cent mètres de lui (hors action de chasse ou de garde d’un troupeau). Un chien en divagation peut être capturé et placé en fourrière, et son maître verbalisé.
En forêt, une règle nationale interdit de promener un chien non tenu en laisse en dehors des allées forestières du 15 avril au 30 juin, pendant la période de reproduction du gibier. Beaucoup de communes, de parcs et de plages ajoutent leurs propres obligations de laisse, détaillées dans l’article sur les plages et randonnées avec son chien.
Enfin, un rappel fiable ne remplace pas l’identification. Si votre chien s’échappe un jour malgré tout, c’est sa puce, enregistrée à votre nom et à votre adresse actuelle, qui permettra de vous le ramener. Vérifiez vos coordonnées sur le fichier, comme l’explique l’article sur l’identification du chien.


