Les premiers jours du chiot

Un chiot de huit ou dix semaines quitte en un jour sa mère, ses frères et sœurs, les odeurs qu’il connaît. Il arrive dans une maison où tout est nouveau. Les premiers jours posent les bases de tout le reste : ses habitudes de sommeil, sa confiance en vous, sa façon de réagir au monde. Voici comment les aborder.
Le trajet et l’arrivée
Si possible, allez le chercher le matin, pour qu’il ait toute la journée pour découvrir la maison avant la première nuit. Prévoyez une caisse de transport ou une personne pour le tenir sur les genoux, une serviette, et demandez à l’éleveur ou à la famille d’accueil un tissu imprégné de l’odeur de la portée.
À l’arrivée, portez-le directement à l’endroit du jardin ou du trottoir où vous voulez qu’il fasse ses besoins. S’il s’exécute, félicitez-le. C’est la première leçon de propreté, et elle est facile à réussir.
Ensuite, laissez-le explorer. Pas de fête avec toute la famille et les voisins le premier jour : un chiot submergé de stimulations se fatigue et prend peur. Montrez-lui son couchage, sa gamelle d’eau, et laissez-le venir à vous.
La première nuit
C’est souvent la plus difficile. Le chiot n’a jamais dormi seul, et il le fait savoir.
La solution qui marche le mieux est aussi la plus simple : le faire dormir près de vous les premières nuits, dans une caisse ou un panier au pied du lit. Il entend votre respiration, il se calme, et vous l’entendez s’agiter s’il a besoin de sortir. Vous pourrez déplacer son couchage progressivement vers l’endroit définitif une fois qu’il aura pris confiance, en quelques jours ou quelques semaines.
Le laisser pleurer seul à l’autre bout de la maison pour « l’habituer » produit souvent l’inverse : un chiot qui associe la nuit à l’angoisse.
Un chiot de cet âge ne tient pas toute la nuit sans uriner. Prévoyez une sortie tard le soir, puis une ou deux dans la nuit les premières semaines. Sortez-le en silence, sans jeu, et recouchez-le aussitôt.
Le rythme des premières semaines
Un chiot dort seize à vingt heures par jour. Ce sommeil est nécessaire à sa croissance et à la mémorisation de ce qu’il apprend. Protégez-le, surtout des enfants qui veulent jouer sans arrêt : un chiot qui ne dort pas assez devient énervé et mordille davantage.
Une journée type alterne des phases courtes : réveil, sortie pour les besoins, repas, un peu de jeu ou d’exploration, puis de nouveau une sieste. Les sorties suivent chaque réveil, chaque repas et chaque séance de jeu. La méthode complète est dans l’article sur l’apprentissage de la propreté.
Gardez la même nourriture que chez l’éleveur la première semaine, en trois ou quatre repas par jour. Si vous voulez changer d’aliment, faites-le ensuite progressivement, sur sept à dix jours.
La socialisation : une fenêtre qui se ferme
Entre trois et douze à quatorze semaines environ, le chiot traverse sa période de socialisation. Ce qu’il découvre alors sans peur, il l’acceptera facilement toute sa vie. Ce qu’il ne rencontre pas avant quatre mois pourra l’effrayer ensuite.
Dans les premières semaines chez vous, faites-lui donc rencontrer un maximum de choses, en douceur et en quantité mesurée : des personnes de tous âges, avec des chapeaux, des parapluies, des barbes ; des bruits (aspirateur, voitures, orage enregistré à faible volume) ; des surfaces (carrelage, grille, herbe mouillée) ; la voiture ; d’autres chiens calmes et vaccinés ; des chats si possible.
Le conflit avec la vaccination est réel : un chiot n’est complètement protégé qu’à la fin de sa primo-vaccination, vers trois à quatre mois, comme l’explique l’article sur les vaccins du chien. Il n’est pas question pour autant de l’enfermer jusque-là. Portez-le dans les bras en ville, faites-lui rencontrer des chiens adultes que vous savez vaccinés, évitez les parcs canins et les caniveaux. Les « écoles du chiot » proposées par de nombreux clubs et éducateurs organisent des séances adaptées.
Les mordillements
Un chiot explore avec sa gueule, et ses dents de lait sont pointues. Il doit apprendre à contrôler la force de sa mâchoire, ce que sa mère et sa fratrie commençaient à lui enseigner.
Quand il mord trop fort, poussez un petit cri bref et arrêtez le jeu quelques secondes. Proposez-lui un jouet à mâcher à la place de vos mains. Évitez les jeux de lutte avec les mains, qui l’encouragent. Et surveillez les interactions avec les enfants, qui ont tendance à crier et à courir, ce que le chiot prend pour une invitation au jeu.
Les premières absences
Dès les premiers jours, habituez-le à rester seul quelques minutes, dans une pièce ou un parc, pendant que vous êtes dans la maison. Allongez progressivement. Partez et revenez sans cérémonie. Un chiot qui a appris tôt que vos départs sont banals supportera beaucoup mieux la solitude adulte, un sujet détaillé dans l’article apprendre au chien à rester seul.
Habituer le chiot à être manipulé
Un chien adulte devra se laisser examiner par un vétérinaire, couper les griffes, brosser, nettoyer les oreilles, parfois mettre des gouttes dans les yeux. C’est le moment de l’y préparer, quand il est petit et qu’on peut le tenir facilement.
Chaque jour, quelques secondes à la fois, touchez ses pattes et ses coussinets, soulevez ses oreilles, ouvrez doucement sa gueule, passez la main sur son ventre, puis donnez une friandise. Faites-le au calme, quand il est détendu, et arrêtez avant qu’il ne se débatte.
Profitez de la première visite chez le vétérinaire, dans la semaine qui suit l’arrivée, pour en faire un moment agréable : friandises dans la salle d’attente, caresses de l’équipe, pesée sur la balance. Certaines cliniques acceptent qu’on passe simplement dire bonjour entre deux rendez-vous. Un chiot qui associe le cabinet vétérinaire à des récompenses sera un adulte bien plus facile à soigner.
La brosse, le coupe-griffes et le sèche-cheveux se présentent de la même façon : on montre, on récompense, on touche, on récompense, et on n’utilise vraiment que lorsque le chiot est à l’aise.
Ce qu’il faut accepter
Il y aura des accidents sur le tapis, des chaussures mâchonnées, des nuits courtes. C’est normal, et cela passe. Le seul vrai piège des premiers jours est de vouloir tout apprendre d’un coup. Un chiot de dix semaines retient son nom, l’endroit où il fait ses besoins et le fait que vous êtes une source de confort et de nourriture. Le reste viendra dans les mois qui suivent.


