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Vivre avec un chien, côté pratique

Éducation

Apprendre la propreté au chiot

Un jeune homme accroupi dans un jardin félicite un chiot berger australien tricolore

La propreté est le premier apprentissage d’un chiot, et celui qui met le plus les nerfs des maîtres à l’épreuve. La bonne nouvelle, c’est qu’elle repose sur un mécanisme simple : le chiot fait ses besoins là où il en a pris l’habitude, et il répète ce qui lui vaut une récompense. Tout le travail consiste à faire en sorte qu’il les fasse souvent au bon endroit, et rarement au mauvais.

Ce qu’un chiot peut physiquement retenir

Un chiot de deux mois n’a pas le contrôle de sa vessie d’un adulte. Une règle approximative circule chez les éducateurs : un chiot tient à peu près autant d’heures que son âge en mois, plus une. Deux heures à deux mois, trois heures à trois mois, et ainsi de suite, en journée et au calme. Pendant le jeu ou après avoir bu, beaucoup moins.

Retenez surtout l’idée générale : pendant les premières semaines, un chiot ne peut pas rester propre seul toute une matinée. Si personne n’est là pour le sortir, les accidents sont inévitables, et ils ne sont pas de sa faute.

Les moments où il faut sortir

La méthode tient d’abord dans le calendrier. Un chiot a besoin d’éliminer à des moments très prévisibles :

  • au réveil, de la nuit comme de chaque sieste ;
  • dans les dix à vingt minutes qui suivent un repas ;
  • pendant ou juste après une séance de jeu ;
  • quand il se met à tourner en rond en reniflant le sol.

Sortez-le à chacun de ces moments, et entre les deux toutes les deux heures environ. Au début, cela fait beaucoup de sorties, parfois une quinzaine par jour. Elles s’espacent vite.

Emmenez-le toujours au même endroit, en laisse pour qu’il ne parte pas jouer. L’odeur des passages précédents l’incite à recommencer. Restez calme et patient, sans jouer, jusqu’à ce qu’il fasse.

La récompense, au bon moment

Dès qu’il a fini, félicitez-le avec enthousiasme et donnez-lui une friandise. Le moment compte : la récompense doit tomber dans les deux secondes, sur place. Un compliment donné une fois rentré à la maison ne veut rien dire pour lui.

Vous pouvez associer un mot au comportement, prononcé pendant qu’il s’exécute (« pipi », « vas-y »). Au bout de quelques semaines, le mot l’aidera à faire sur commande, ce qui est bien pratique avant de monter en voiture ou d’aller se coucher.

Après ses besoins, offrez-lui un peu de promenade ou de jeu dehors. Sinon, le chiot apprend que faire ses besoins met fin à la sortie, et certains se retiennent pour prolonger le moment.

Les accidents : ne jamais punir

Il y aura des accidents. La réaction qui marche : si vous le prenez sur le fait, interrompez-le d’un « non » neutre, sans crier, emmenez-le immédiatement dehors, et récompensez-le s’il finit dehors. Si vous découvrez la flaque après coup, nettoyez sans rien dire.

Gronder un chiot ou lui mettre le nez dedans ne lui apprend pas où faire. Il apprend seulement à se cacher de vous pour faire ses besoins, derrière le canapé, et à se retenir en votre présence, y compris dehors. C’est le chemin le plus sûr vers une propreté qui traîne des mois.

Le nettoyage compte autant. L’eau de Javel et les produits ammoniaqués laissent une odeur proche de celle de l’urine pour le nez d’un chien, ce qui l’invite à revenir au même endroit. Utilisez un produit enzymatique, vendu en animalerie, ou à défaut du vinaigre blanc dilué.

La nuit et l’appartement

La nuit, un chiot qui dort près de vous dans une caisse ou un panier fermé de taille raisonnable vous réveillera avant de salir son couchage, car la plupart des chiens évitent de souiller l’endroit où ils dorment. C’est l’un des arguments pour le faire dormir dans votre chambre les premières semaines, comme le suggère l’article sur les premiers jours du chiot.

En appartement, en étage, la tentation est grande d’utiliser des tapis éducateurs. Ils dépannent les premières semaines, mais ils apprennent au chiot que faire à l’intérieur est permis. Si vous en utilisez, rapprochez-les progressivement de la porte, puis supprimez-les dès que possible. La descente de l’escalier en courant, chiot dans les bras, fait partie de la vie des premiers mois en ville.

Combien de temps ça prend

La plupart des chiots sont propres le jour entre trois et six mois, et la nuit un peu plus tard. Les petites races, dont la vessie est minuscule, mettent souvent plus de temps. Un chiot qui a vécu ses premières semaines en chenil sur un sol souillé, ou en animalerie, part avec un handicap : il n’a pas appris à éviter de salir son espace.

Au-delà de six mois sans progrès, ou si un chien propre recommence à uriner dans la maison, consultez votre vétérinaire. Une infection urinaire, des calculs ou un autre trouble médical peuvent être en cause.

Les pipis d’excitation et de soumission

Certains chiots urinent quelques gouttes quand vous rentrez, quand un invité se penche sur eux ou quand on les gronde. Il n’a pas oublié sa propreté : il réagit soit à une émotion trop forte, l’excitation des retrouvailles, soit par un signal d’apaisement : le chiot montre qu’il n’est pas une menace.

Gronder aggrave les deux. La solution consiste à baisser l’intensité des moments concernés. Rentrez sans effusion, ignorez le chiot quelques minutes, puis saluez-le calmement, accroupi de côté plutôt que penché au-dessus de lui. Demandez aux invités de faire de même, et accueillez les visiteurs dehors ou sur le carrelage les premières semaines.

La plupart des chiots perdent cette habitude en grandissant, avec la confiance. Si elle persiste chez un adulte, ou si le chien urine en dormant, parlez-en au vétérinaire : il peut s’agir d’un problème de sphincter.

Et le chien adulte adopté ?

Un chien adulte adopté en refuge peut avoir quelques accidents les premiers jours, par stress ou parce qu’il ne connaît pas encore les habitudes de la maison. Appliquez la même méthode, en plus court : sorties régulières, récompense dehors, nettoyage enzymatique. En général, tout rentre dans l’ordre en une ou deux semaines.

Un mâle qui lève la patte sur les meubles ne manque pas de propreté : il marque son territoire. C’est un autre problème, que la castration atténue souvent, comme l’explique l’article sur la stérilisation du chien.

La propreté est acquise quand vous n’y pensez plus. D’ici là, chaque sortie réussie compte plus que chaque accident, et c’est sur elles qu’il faut concentrer votre attention.

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