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Vivre avec un chien, côté pratique

Éducation

Apprendre au chien à rester seul

Un chien croisé berger mâchonne un jouet sur son coussin pendant que son maître sort de l'appartement

Le chien est un animal social. Rester seul ne lui est pas naturel : dans une meute, un individu isolé est un individu en danger. Pourtant, la plupart des chiens de compagnie passent plusieurs heures seuls chaque jour, et la majorité le vivent très bien. Ils ont appris. Ceux qui aboient pendant des heures, détruisent la porte d’entrée ou urinent dès que vous partez n’ont pas appris, ou ont appris la mauvaise leçon.

Commencer par des absences de quelques minutes

Le principe est celui de toute habituation : exposer le chien à la situation par doses assez petites pour qu’il reste calme, puis augmenter progressivement.

Commencez dans la maison. Fermez une porte entre vous et le chien pendant trente secondes, alors qu’il est occupé à mâcher quelque chose. Rouvrez avant qu’il ne proteste. Recommencez plusieurs fois par jour en allongeant : une minute, trois, cinq, dix.

Passez ensuite à de vraies sorties : descendre la poubelle, aller chercher le courrier, faire le tour du pâté de maisons. Puis quinze minutes, une demi-heure, une heure. L’important est de rester sous le seuil où le chien s’inquiète. Si vous entendez des pleurs ou des aboiements, la dernière étape était trop longue : revenez à la précédente.

Pour un chiot, ce travail commence dès les premiers jours, comme l’explique l’article sur les premiers jours du chiot. Pour un chien adopté adulte, prévoyez une ou deux semaines de congé ou de télétravail à l’arrivée pour le faire sans pression.

Des départs et des retours sans cérémonie

Beaucoup de maîtres dramatisent leurs départs sans le vouloir : longues caresses, « maman revient vite, sois sage », voix triste. Le chien comprend que quelque chose d’important se prépare. Au retour, grandes effusions : il comprend que votre absence était un événement.

Faites l’inverse. Partez sans rien dire, ou avec un mot neutre toujours identique. Au retour, ignorez le chien quelques instants, posez vos affaires, puis dites-lui bonjour calmement quand il s’est posé. Vos allées et venues doivent devenir aussi banales que l’ouverture du réfrigérateur.

Les signaux de départ (clés, manteau, chaussures, sac) déclenchent l’inquiétude chez certains chiens bien avant que la porte se ferme. Désensibilisez-les : prenez vos clés et asseyez-vous, mettez votre manteau et allez à la cuisine, jusqu’à ce que ces gestes ne lui disent plus rien.

Ce qui aide le chien pendant votre absence

Un chien fatigué dort. Une vraie promenade avant de partir, avec de quoi renifler et se dépenser, vaut mieux que cinq minutes sur le trottoir.

Un jouet à remplir de nourriture, donné au moment du départ, occupe les premières minutes, qui sont les plus difficiles, et associe votre départ à quelque chose d’agréable. Une partie de la ration peut y passer.

Un espace sûr et confortable : son couchage, de l’eau, une pièce où il ne peut rien détruire de dangereux. Certains chiens se sentent mieux dans une pièce réduite que dans toute la maison ; d’autres paniquent enfermés. Observez le vôtre.

Une radio ou un bruit de fond apaise certains chiens, surtout en appartement où les bruits de palier les font sursauter.

Combien de temps un chien peut-il rester seul

Il n’existe pas de durée légale en France. En pratique, un chien adulte habitué supporte une demi-journée sans difficulté. Une journée de travail complète de neuf ou dix heures, tous les jours, est longue pour n’importe quel chien, surtout s’il est jeune ou d’une race active.

Si votre emploi du temps impose ces journées, organisez une coupure : un retour à midi, un voisin, un membre de la famille, ou un promeneur de chiens qui passe le sortir. L’article faire promener son chien quand on manque de temps décrit comment trouver et choisir ce professionnel.

Quand il s’agit d’anxiété de séparation

Certains chiens vont au-delà de l’ennui. Ils présentent une anxiété de séparation, un vrai trouble du comportement : aboiements ou hurlements continus, destructions concentrées autour des portes et fenêtres, pipis et selles dès le départ, halètement, salivation, parfois blessures en essayant de sortir. Les symptômes apparaissent dans les minutes qui suivent votre départ, et le chien vous colle en permanence quand vous êtes là.

Une caméra ou un simple enregistrement audio avec votre téléphone permet de savoir ce qui se passe réellement.

Ce trouble ne se règle pas par la punition, qui aggrave l’angoisse : un chien grondé au retour pour une destruction faite quatre heures plus tôt ne fait aucun lien, et retient seulement que votre retour est inquiétant. Adopter un deuxième chien « pour lui tenir compagnie » ne marche pas non plus dans la plupart des cas, parce que c’est de vous qu’il ne supporte pas d’être séparé.

Consultez un vétérinaire, qui écartera une cause médicale et pourra vous orienter vers un vétérinaire comportementaliste. Le traitement associe un programme de désensibilisation très progressif et, dans certains cas, un médicament qui abaisse le niveau d’anxiété le temps que l’apprentissage se fasse.

Les solutions qui n’en sont pas

Certains dispositifs promettent de régler le problème rapidement. Les colliers anti-aboiement, à décharge, à vibration ou à spray de citronnelle, font taire le chien sans rien changer à ce qu’il ressent. Un chien qui aboie parce qu’il est angoissé reste angoissé, et il exprime souvent son malaise autrement : destructions, léchage compulsif, malpropreté. Beaucoup d’éducateurs et de vétérinaires les déconseillent pour cette raison.

Enfermer le chien dans une caisse pour limiter les dégâts ne convient qu’à un chien qui y a été habitué progressivement et qui s’y sent en sécurité. Pour un chien anxieux, la caisse fermée ajoute la panique de l’enfermement, et certains se blessent en essayant d’en sortir.

Laisser la télévision allumée toute la journée, multiplier les jouets ou laisser un vêtement porté aident parfois un chien un peu inquiet. Ils ne suffisent pas pour une vraie anxiété de séparation, qui demande le travail progressif décrit plus haut.

Un voisinage à ménager

Un chien qui aboie des heures pendant votre absence est aussi un problème de voisinage. Les aboiements répétés peuvent constituer un trouble anormal de voisinage et donner lieu à une plainte, voire à une amende. Avant d’en arriver là, demandez à vos voisins ce qu’ils entendent : ils sont souvent les premiers informés d’un chien qui va mal en votre absence.

Rester seul s’apprend à tout âge. Chez un chiot, quelques minutes par jour suffisent pour éviter le problème. Chez un adulte qui l’a déjà, il faudra plus de patience, mais les progrès se mesurent souvent en semaines.

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