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Vivre avec un chien, côté pratique

Santé

Vaccins du chien : obligatoires et recommandés

Une vétérinaire en tenue bleu marine tient un border collie calme sur la table d'examen

Beaucoup de maîtres découvrent avec surprise qu’aucun vaccin n’est obligatoire pour un chien qui vit en France et n’en sort pas. La loi n’impose la vaccination que dans des situations précises. En pratique, pourtant, un chien non vacciné se ferme beaucoup de portes (pension, club d’éducation, voyage) et reste exposé à des maladies graves qui circulent encore.

Ce que protègent les lettres CHPL

Sur le carnet de santé, les vaccins de base apparaissent sous des initiales. Chacune correspond à une maladie.

C, la maladie de Carré. Un virus qui touche les voies respiratoires, le tube digestif puis le système nerveux. Elle tue souvent, et les chiens qui survivent gardent parfois des séquelles neurologiques. La vaccination l’a rendue rare, pas absente.

H, l’hépatite de Rubarth. Une hépatite virale contagieuse, grave chez le chiot.

P, la parvovirose. Des vomissements et des diarrhées hémorragiques, une déshydratation rapide. C’est la grande peur des éleveurs et des refuges : le virus résiste des mois dans l’environnement et tue une forte proportion des chiots non protégés.

L, la leptospirose. Une maladie bactérienne transmise par l’urine des rongeurs, qu’un chien attrape en buvant dans une flaque, une mare ou un fossé. Elle attaque le foie et les reins, et elle se transmet à l’homme. Les vaccins récents couvrent quatre souches (on parle de L4).

À ces quatre valences s’ajoute souvent Pi, le virus parainfluenza, l’un des agents de la toux du chenil.

La rage : le seul vaccin qui devient obligatoire

La France est indemne de rage chez les animaux terrestres, mais des cas importés surviennent encore, le plus souvent avec des chiens ramenés illégalement de pays où la maladie circule. Le vaccin antirabique est obligatoire dans plusieurs cas :

  • pour sortir du territoire, vers l’Union européenne comme ailleurs, avec un passeport européen à jour ;
  • pour les chiens de première et deuxième catégorie, dont le permis de détention exige une vaccination valide ;
  • dans la plupart des pensions, campings, expositions et concours, qui l’exigent dans leur règlement.

Le vaccin se fait à partir de douze semaines. Pour un voyage, il faut attendre vingt et un jours après la première injection avant qu’il soit valable. Les règles de voyage sont détaillées dans l’article sur le passeport européen du chien.

La toux du chenil et les vaccins de situation

La toux du chenil désigne une trachéobronchite contagieuse, due à plusieurs virus et à une bactérie, Bordetella bronchiseptica. Elle se transmet là où des chiens se croisent en nombre : pensions, refuges, expositions, clubs, parcs canins. Elle donne une toux sèche et quinteuse, impressionnante mais le plus souvent bénigne chez l’adulte en bonne santé.

Un vaccin existe, souvent administré par voie nasale. Beaucoup de pensions l’exigent. Il se justifie surtout si votre chien fréquente d’autres chiens régulièrement.

D’autres vaccins se discutent selon le mode de vie et la région, comme celui contre la piroplasmose (babésiose), transmise par les tiques, ou contre la leishmaniose dans le sud de la France. Votre vétérinaire saura dire s’ils sont utiles là où vous vivez et là où vous partez en vacances.

Le calendrier, du chiot à l’adulte

Un chiot reçoit à la naissance des anticorps de sa mère, qui le protègent quelques semaines puis disparaissent progressivement. Tant qu’ils sont présents, ils neutralisent aussi le vaccin. C’est pour cette raison que la primo-vaccination se fait en plusieurs injections.

Le schéma le plus courant :

  • vers 8 semaines : première injection CHPPiL ;
  • vers 12 semaines : rappel CHPPiL, et vaccin contre la rage si nécessaire ;
  • vers 16 semaines : troisième injection recommandée par de nombreux vétérinaires, surtout contre la parvovirose ;
  • à 1 an : rappel de toutes les valences.

Ensuite, les rythmes diffèrent selon les valences. La leptospirose demande un rappel chaque année, parce que la protection baisse vite. Pour Carré, l’hépatite et la parvovirose, les recommandations internationales admettent un rappel tous les trois ans chez l’adulte, selon le vaccin utilisé. Le vétérinaire adapte le protocole et l’inscrit sur le carnet.

Un chiot n’est pas protégé avant la fin de sa primo-vaccination. Évitez les parcs canins et les lieux très fréquentés par des chiens inconnus jusque-là, sans pour autant l’enfermer : il a besoin de découvrir le monde pendant cette période, comme l’explique l’article sur les premiers jours du chiot.

Combien ça coûte

Une consultation de vaccination coûte le plus souvent entre 50 et 90 euros, examen clinique compris, selon la région et les valences injectées. Le vaccin antirabique ajoute une vingtaine à une trentaine d’euros quand il est fait en même temps. Sur la première année d’un chiot, avec trois ou quatre injections, comptez 150 à 300 euros.

La visite de vaccination annuelle sert aussi à autre chose qu’à la piqûre : le vétérinaire examine les dents, le cœur, le poids, les articulations. Pour un chien adulte en bonne santé, c’est souvent le seul contrôle de l’année, et il repère tôt des problèmes qui coûteraient cher plus tard.

Certaines assurances santé remboursent la vaccination dans un forfait prévention. Si vous comparez des contrats, regardez ce poste : l’article sur l’assurance santé pour chien explique comment lire les garanties.

Les réactions après un vaccin

Dans les heures qui suivent une injection, beaucoup de chiens sont un peu fatigués, mangent moins, ou ont une légère fièvre. Une petite boule peut apparaître au point d’injection et disparaître en quelques jours. Ces réactions sont normales et passent seules.

Les réactions allergiques sont rares mais demandent de rappeler la clinique sans attendre : gonflement de la face ou des paupières, plaques rouges sur le ventre, vomissements, diarrhée, difficultés à respirer, dans les minutes ou les heures qui suivent. Elles se traitent bien si l’on consulte rapidement. Le vétérinaire notera alors le vaccin en cause sur le carnet, et adaptera les injections suivantes.

Le jour de la vaccination, évitez les efforts intenses et les longues séances de jeu avec d’autres chiens. Une promenade calme suffit.

Si votre chien a déjà mal réagi à un vaccin, dites-le à chaque nouvelle visite, surtout si vous changez de clinique ou partez en vacances : c’est une information qui ne figure pas toujours clairement dans le carnet.

Vacciner un chien adopté adulte

Un chien de refuge part en principe avec ses vaccins à jour, inscrits sur son carnet ou son passeport. Si vous ne connaissez pas son historique, le vétérinaire reprend un protocole complet, avec deux injections à quelques semaines d’intervalle. C’est sans danger pour le chien, et c’est plus sûr que de supposer une protection qui n’existe pas.

Gardez le carnet avec les autres papiers du chien. Une pension, un club ou un douanier vous le demandera un jour, et reconstituer un historique vaccinal perdu revient souvent à tout refaire.

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