Puces, tiques, vers : le calendrier des traitements

Les parasites sont la première raison de passer à la pharmacie pour un chien, et celle où l’on se trompe le plus. On traite trop tard, on oublie de recommencer, ou l’on utilise un produit qui ne couvre pas le parasite visé. Les parasites se rangent en deux familles, ceux de l’intérieur, les vers, et ceux de l’extérieur, les puces, les tiques et quelques insectes. Chacune a son calendrier.
Les vers : ce qu’ils font et comment le chien les attrape
Les vers les plus courants chez le chien sont les ascaris, les ankylostomes, les trichures et les ténias. Un chiot naît très souvent déjà infesté par les ascaris, transmis par sa mère pendant la gestation puis par le lait. Un adulte s’infeste en reniflant ou en léchant des sols souillés, en mangeant une proie, des abats crus ou une puce contenant des œufs de ténia.
Une infestation modérée passe inaperçue. Une infestation forte donne un ventre gonflé chez le chiot, des diarrhées, un amaigrissement, un poil terne. Certains de ces vers se transmettent à l’homme, en particulier aux enfants qui jouent par terre : c’est une raison de plus pour ne pas laisser traîner les traitements.
Le calendrier de vermifugation
Le rythme dépend de l’âge.
Chez le chiot, la vermifugation commence tôt et se répète souvent : toutes les deux semaines jusqu’à deux mois, puis une fois par mois jusqu’à six mois. Un éleveur ou un refuge sérieux a déjà commencé, et le carnet doit indiquer les dates.
Chez l’adulte, la recommandation de base est de deux à quatre traitements par an. Quatre par an, soit un par saison, se justifie pour un chien qui vit avec de jeunes enfants, qui chasse, qui mange des proies ou qui fréquente beaucoup d’autres chiens. Un chien d’appartement peu exposé peut se contenter de deux.
Un chien nourri avec de la viande crue, selon la méthode BARF, est plus exposé à certains parasites. L’article sur la ration ménagère et le BARF revient sur ce point.
Les puces : traiter le chien et la maison
Une puce adulte vit sur le chien, mais ses œufs tombent dans l’environnement : panier, tapis, canapé, plancher, voiture. On estime que les puces visibles sur l’animal ne représentent qu’une petite part de la population, le reste étant constitué d’œufs, de larves et de cocons cachés dans la maison. D’où les infestations qui reviennent un mois après un traitement pourtant bien fait.
Les puces provoquent des démangeaisons, parfois une allergie à la salive (la dermatite allergique aux piqûres de puces), et elles transmettent un ténia quand le chien en avale une en se mordillant.
Face à une infestation, il faut donc traiter le chien avec un produit efficace et continuer le traitement plusieurs mois, laver le couchage à 60 degrés, passer l’aspirateur partout et jeter le sac, et traiter tous les animaux du foyer en même temps, chats compris.
Les tiques : la saison et les maladies
Les tiques attendent dans les herbes hautes, les sous-bois et les lisières, et s’accrochent au passage. Elles sont actives surtout du printemps à l’automne, mais on en trouve dès que les températures dépassent quelques degrés, y compris en plein hiver doux.
Le danger tient aux maladies qu’elles transmettent. La piroplasmose, ou babésiose, détruit les globules rouges : fièvre, abattement, urines foncées, et une issue parfois mortelle sans traitement rapide. La maladie de Lyme et l’ehrlichiose existent aussi chez le chien.
Après chaque promenade en nature, passez la main à rebrousse-poil sur la tête, les oreilles, le cou, les aisselles et entre les doigts. Une tique se retire avec un tire-tique, en tournant sans tirer, sans éther ni alcool au préalable. Plus elle est retirée tôt, moins le risque de transmission est grand.
Choisir un produit antiparasitaire
Les produits se présentent sous plusieurs formes. Les pipettes s’appliquent sur la peau et durent en général un mois. Les colliers protègent plusieurs mois. Les comprimés à croquer, dont beaucoup appartiennent à la famille des isoxazolines, protègent contre les puces et les tiques pendant un à trois mois selon la molécule. Les shampooings tuent les puces présentes mais n’ont presque pas d’effet rémanent.
Quelques règles évitent les erreurs courantes. Un produit sert pour un poids donné : un chien qui a grossi ou un chiot qui a grandi doit changer de dosage. Un produit contre les puces ne couvre pas forcément les tiques, lisez l’indication. Certains produits pour chiens contiennent de la perméthrine, mortelle pour les chats : ne l’appliquez jamais à un chat, et séparez le chien et le chat le temps que la pipette sèche. Enfin, les colliers et sprays « naturels » à base d’huiles essentielles n’ont pas démontré une efficacité comparable.
Dans le sud de la France et autour de la Méditerranée, un chien qui voyage doit aussi être protégé des phlébotomes, qui transmettent la leishmaniose, et des moustiques, vecteurs de la dirofilariose. Des colliers et pipettes répulsifs existent pour cela. Parlez-en à votre vétérinaire avant de partir, en même temps que des formalités décrites dans l’article sur le passeport européen du chien.
Repérer une infestation
Les puces se voient rarement, elles se cachent et sautent vite. Leurs déjections, en revanche, se trouvent facilement. Passez un peigne fin dans le poil, en insistant sur le bas du dos et la base de la queue, puis tapotez ce qui s’y accroche sur un papier blanc humide. Si de petits points noirs laissent une auréole rouge en se dissolvant, ce sont des déjections de puces, faites de sang digéré.
Les vers se repèrent parfois dans les selles : ascaris en forme de spaghettis chez le chiot, petits segments blancs, comme des grains de riz, collés autour de l’anus pour le ténia. Un chien qui se frotte l’arrière-train au sol peut avoir des vers, mais aussi des glandes anales pleines, à faire vider chez le vétérinaire.
Les tiques se sentent sous la main comme une petite verrue, souvent sur la tête, les oreilles, le cou, les aisselles ou entre les doigts. Une tique gorgée peut atteindre la taille d’un petit pois.
Le budget annuel des antiparasitaires
Pour un chien de taille moyenne protégé toute l’année contre les puces et les tiques et vermifugé quatre fois, le budget se situe le plus souvent entre 120 et 250 euros par an. Il varie avec le poids du chien, la forme du produit et le lieu d’achat, les comprimés sur ordonnance étant souvent plus chers que les pipettes en vente libre.
C’est un poste qui revient chaque mois ou chaque trimestre, et qu’on oublie facilement. Notez les dates sur un calendrier ou dans le téléphone, et comptez-le dans le budget annuel de votre chien : c’est souvent la dépense la plus sous-estimée après l’alimentation.


