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Vivre avec un chien, côté pratique

Alimentation

Lire une étiquette de croquettes

Une femme verse des croquettes dans sa main pour les regarder, un petit caniche beige la regarde

Le devant d’un paquet de croquettes sert à vendre. Le dos sert à informer, et c’est là qu’il faut regarder. Une réglementation européenne encadre ce qui doit y figurer, et quelques règles de vocabulaire suffisent pour comparer deux aliments en rayon sans se laisser impressionner par la photo d’un poulet rôti.

Complet ou complémentaire

La première mention à chercher est la nature de l’aliment. Un aliment complet couvre à lui seul tous les besoins du chien pour le stade de vie indiqué (croissance, adulte, senior) : on peut le donner seul, tous les jours. Un aliment complémentaire ne suffit pas : friandises, certaines pâtées, mélanges de viande. Il s’ajoute à une ration complète.

Vérifiez aussi le stade de vie. Un chiot de grande race a des besoins en calcium et en énergie très différents d’un adulte, et un excès de calcium pendant la croissance favorise les troubles osseux.

La composition : l’ordre compte, et les mots aussi

La liste des ingrédients est donnée par ordre de poids décroissant, au moment de la fabrication. Le premier ingrédient est donc le plus présent dans le mélange avant cuisson.

Ce détail « avant cuisson » a une conséquence. Une viande fraîche contient environ 70 % d’eau, qui s’évapore pendant la fabrication. « Poulet frais » en tête de liste peut donc peser bien moins lourd, une fois la croquette sèche, que les céréales qui le suivent. À l’inverse, « poulet déshydraté » ou « protéines de volaille déshydratées » désignent une matière déjà sèche, dont le poids correspond mieux à ce qui reste dans la croquette.

Les dénominations obéissent à des seuils fixés par le code de bonnes pratiques de l’industrie européenne :

  • « aromatisé au poulet » ou « saveur poulet » : le poulet peut n’être présent qu’à l’état de trace, juste assez pour être détecté ;
  • « au poulet » ou « avec du poulet » : au moins 4 % ;
  • « riche en poulet » : au moins 14 % ;
  • « croquettes poulet », le nom de l’ingrédient dans le nom du produit : au moins 26 %.

Méfiez-vous aussi des catégories vagues. « Viandes et sous-produits animaux », « céréales » ou « extraits de protéines végétales » regroupent des matières dont on ne connaît ni la nature précise ni la proportion. Une étiquette qui nomme ses ingrédients (« riz », « maïs », « poulet déshydraté ») et donne leurs pourcentages est plus transparente.

Les constituants analytiques

Ce petit tableau donne la teneur en quatre nutriments, en pourcentage du produit tel qu’il est vendu.

Les protéines brutes tournent le plus souvent entre 20 et 32 % pour une croquette de chien adulte. La valeur seule ne dit rien de leur qualité : des protéines animales sont mieux digérées que des protéines de céréales.

Les matières grasses brutes, entre 8 et 20 %, apportent l’énergie concentrée. Plus elles sont élevées, plus la croquette est calorique, et plus la ration doit être petite.

La cellulose brute, en général 2 à 5 %, correspond à une partie des fibres. Les croquettes « light » en contiennent davantage pour caler sans apporter de calories.

Les cendres brutes, ou matières minérales, représentent ce qui reste après combustion : calcium, phosphore, et tout ce qui est minéral. Un taux très élevé, au-delà de 9 ou 10 %, signale souvent une proportion importante d’os ou de sous-produits.

L’humidité, si elle est indiquée, tourne autour de 8 à 10 % pour une croquette.

Comparer une croquette et une pâtée

Pour comparer deux aliments de teneur en eau différente, il faut raisonner sur la matière sèche. La formule est simple : on divise le pourcentage par la part de matière sèche.

Exemple : une pâtée affiche 10 % de protéines et 80 % d’humidité. Sa matière sèche vaut 20 %. Ses protéines représentent donc 10 divisé par 20, soit 50 % de la matière sèche. Une croquette à 26 % de protéines et 10 % d’humidité donne 26 divisé par 90, soit environ 29 %. La pâtée, qui paraissait pauvre, est en réalité bien plus protéinée.

Les additifs

Les additifs nutritionnels (vitamines A, D3, E, oligo-éléments comme le zinc, le fer ou le sélénium) sont normaux et nécessaires : ce sont eux qui rendent l’aliment complet.

Les additifs technologiques servent à la conservation. Les graisses rancissent, et un antioxydant est indispensable. Les tocophérols, c’est-à-dire la vitamine E, sont d’origine naturelle ; d’autres sont de synthèse. Les colorants n’apportent rien au chien, qui se moque de la couleur de sa croquette : leur présence renseigne surtout sur le public visé par le fabricant.

Comparer le coût par jour, pas le prix au kilo

Deux sacs de croquettes ne se comparent pas au prix du kilo. Une croquette peu énergétique, riche en fibres et en ingrédients moins digestes, se donne en plus grande quantité. Une croquette plus concentrée se donne en moins grande quantité.

Prenons un chien de vingt kilos qui a besoin d’environ 1 040 kilocalories par jour. Une croquette à 3 € le kilo, qui apporte 3 300 kilocalories par kilo, demande environ 315 grammes par jour, soit 0,95 € par jour. Une croquette à 6 € le kilo, qui apporte 4 000 kilocalories par kilo, demande environ 260 grammes, soit 1,56 € par jour. Le prix au kilo double, le coût quotidien augmente de 60 %.

La différence de volume se retrouve aussi dans le jardin : une croquette peu digeste donne des selles plus abondantes. Ce n’est pas un détail pour qui les ramasse deux fois par jour.

La valeur énergétique n’est pas toujours affichée au même endroit, parfois seulement sur le site du fabricant. Elle vaut la peine d’être cherchée.

Les modes qui méritent un peu de recul

Les aliments sans céréales se sont multipliés. Ils remplacent souvent le blé ou le maïs par des pois, des lentilles ou de la pomme de terre, et ne sont pas forcément moins riches en amidon. En 2018, l’agence sanitaire américaine, la FDA, a ouvert une enquête sur un lien possible entre certains de ces régimes riches en légumineuses et une maladie cardiaque, la cardiomyopathie dilatée. Ce lien n’a pas été établi à ce jour, mais il invite à ne pas considérer le « sans céréales » comme une garantie de qualité. Un chien sans allergie avérée digère très bien le riz ou le maïs cuits.

Une fois l’aliment choisi, reste à le doser : les quantités indiquées sur le paquet sont des moyennes, souvent trop généreuses. L’article quelle quantité de croquettes par jour explique comment ajuster. Et si vous hésitez avec une alimentation faite maison, l’article sur la ration ménagère et le BARF compare les deux approches.

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