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Vivre avec un chien, côté pratique

Adopter

Chiot ou chien adulte : lequel adopter

Un chiot doré et un vieux labrador brun couchés côte à côte sur un parquet

Quand on imagine un chien, on imagine souvent un chiot. C’est l’image des publicités, et c’est aussi celle qu’on garde de son enfance. Pourtant, dans les refuges, les chiots partent en quelques jours pendant que des adultes de quatre ou six ans attendent des mois. Et une partie des chiens abandonnés vers un an sont justement d’anciens chiots dont les maîtres avaient sous-estimé le travail.

La question mérite donc d’être posée franchement : de quoi avez-vous le temps, et de quoi avez-vous envie ?

Ce qu’un chiot demande vraiment

Un chiot de huit à dix semaines ne sait rien. Il ne sait pas faire ses besoins dehors, ne sait pas marcher en laisse, ne sait pas rester seul, et il met tout ce qu’il trouve dans sa gueule. Les six premiers mois ressemblent à l’arrivée d’un nourrisson : des nuits courtes, des sorties toutes les deux ou trois heures, une surveillance constante.

La propreté, à elle seule, prend en général entre deux et six mois. Notre article sur l’apprentissage de la propreté détaille la méthode, et elle suppose quelqu’un à la maison une bonne partie de la journée pendant les premières semaines. Un chiot ne peut pas se retenir quatre heures à trois mois. Le laisser seul toute une journée de travail revient à le condamner aux accidents et à l’angoisse.

Vient ensuite l’adolescence, entre six et dix-huit mois selon les races. Le chiot docile se met à ignorer le rappel, à tirer en laisse, à tester les limites. C’est une étape normale, et c’est aussi la période où beaucoup de maîtres décrochent.

L’intérêt du chiot, en face, est réel. Vous façonnez ses habitudes dès le départ. Vous l’habituez aux enfants, aux chats, au bruit de la ville, à la voiture, pendant la période de socialisation qui se referme vers trois à quatre mois. Si vous avez le temps et l’envie de faire ce travail, un chiot bien socialisé devient un adulte équilibré.

Ce qu’un adulte apporte

Un chien de deux ans ou plus a fini de grandir. Sa taille, son poids, son niveau d’énergie et son caractère sont connus. Si vous l’adoptez dans un refuge ou auprès d’une association, les soigneurs ou la famille d’accueil peuvent vous dire comment il réagit face aux autres chiens, aux enfants, aux chats, à la solitude. On achète moins une promesse qu’une réalité observée.

Beaucoup d’adultes sont déjà propres, ou le redeviennent en quelques jours une fois installés. Beaucoup savent marcher en laisse. Et un adulte calme supporte mieux une journée de travail qu’un chiot, à condition d’être sorti avant et après.

Les objections classiques tiennent mal. « Un adulte ne s’attache pas à un nouveau maître » : c’est faux, les chiens adoptés adultes créent un lien fort, souvent en quelques semaines. « On ne peut plus l’éduquer » : on peut apprendre de nouvelles choses à un chien à tout âge, il faut simplement plus de répétitions pour défaire une mauvaise habitude que pour en installer une.

Il faut en revanche accepter une part d’inconnu sur le passé. Un chien qui a vécu à l’attache ou en chenil peut avoir peur de certains gestes, de certains bruits, des escaliers. Ces peurs se travaillent, avec douceur et parfois l’aide d’un éducateur.

Le cas du chien senior

Les chiens de plus de huit ans sont les moins adoptés. Ils ont pourtant beaucoup d’arguments pour eux : calmes, propres, habitués à la vie de famille, ils conviennent aux personnes âgées, aux foyers peu sportifs, aux appartements.

La contrepartie est vétérinaire. Un chien âgé a plus de chances de développer de l’arthrose, un problème cardiaque, rénal ou dentaire. Demandez son bilan de santé, prévoyez un budget de soins plus élevé et renseignez-vous sur les limites d’âge des assurances : beaucoup refusent d’assurer un chien au-delà de sept ou huit ans, un point détaillé dans l’article sur l’assurance santé pour chien. Certaines associations proposent des adoptions de seniors à tarif réduit, voire prennent en charge une partie des soins.

Comparer selon votre quotidien

Quelques situations concrètes aident à trancher.

Vous travaillez à temps plein à l’extérieur, sans possibilité de rentrer le midi : un adulte déjà habitué à rester seul est le choix raisonnable. Si vous tenez à un chiot, il faudra organiser les premières semaines (congés, télétravail, passage d’un proche ou d’un promeneur).

Vous avez des enfants en bas âge : un adulte dont le comportement avec les enfants a été vérifié présente moins de risques qu’un chiot, qui mordille beaucoup pendant ses premiers mois et peut blesser sans le vouloir.

Vous avez déjà un chien : la compatibilité compte plus que l’âge. Un chiot peut épuiser un vieux chien. Deux adultes de même sexe peuvent se disputer. Présentez-les en terrain neutre avant de décider.

Vous n’avez jamais eu de chien : l’adulte au caractère connu vous évite les pièges de l’éducation d’un chiot. Le certificat d’engagement et de connaissance que vous signerez de toute façon vous donnera une bonne idée des obligations qui vous attendent.

Deux chiots en même temps

L’idée paraît séduisante : ils joueront ensemble, se tiendront compagnie pendant vos absences. La plupart des éducateurs la déconseillent pourtant, surtout pour deux chiots de la même portée.

Deux chiots élevés ensemble ont tendance à se tourner l’un vers l’autre plutôt que vers leurs maîtres. Ils apprennent moins bien, parce que chacun est distrait par l’autre. Ils supportent mal d’être séparés, même pour une visite chez le vétérinaire. Et à l’adolescence, deux chiens du même sexe peuvent entrer dans des conflits sérieux. Tout le travail d’éducation, propreté, marche en laisse, rappel, doit en outre être fait séparément avec chacun, ce qui double le temps nécessaire.

Si vous voulez deux chiens, adoptez-en un, attendez qu’il soit éduqué et installé, un an ou deux plus tard, puis accueillez le second. L’adulte servira de modèle au nouveau venu, et vous aurez les mains libres pour l’éduquer.

Le budget n’est pas le même

À l’achat, un chiot d’éleveur coûte nettement plus cher qu’un adulte de refuge, déjà identifié, vacciné et souvent stérilisé. La première année d’un chiot concentre aussi des dépenses propres : primo-vaccination en plusieurs injections, vermifugations rapprochées, stérilisation éventuelle, cours d’éducation, matériel qu’il détruira et qu’il faudra racheter.

L’adulte coûte moins cher au départ, le senior peut coûter plus cher en soins. Pour avoir des ordres de grandeur, l’article sur le prix d’un chien à l’achat donne les fourchettes selon la provenance.

Au fond, un chiot se choisit pour ce qu’il pourra devenir, un adulte pour ce qu’il est déjà. Les deux peuvent donner un excellent compagnon. La seule erreur vraiment coûteuse, pour vous comme pour lui, est de choisir un chiot sans avoir le temps de l’élever.

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